Communauté « Blogs « Fernandises « Tenir son terrain «
Cherchez des croquettes
Voici les éléments principaux d'un chat que je viens d'avoir avec moi-même.
- Voulez-vous dire qu'on n'a pas attendu Internet?
- Certes non. Le mensonge a de tous temps été une institution. Le mensonge concerne les collectifs avant de concerner les individus. Et, le propre du mensonge est de proposer un univers virtuel que l'on croie vrai... De tous temps ça balançait déjà pas mal entre réel et virtuel.
- Dans ce cas, Internet serait plutôt un révélateur de la virtualité, plutôt qu'un monde virtuel en soi ?
- Tout à fait. On peut l'apprécier comme cela sans crainte de se tromper. Au moins il a ainsi le mérite d'être mieux défini qu'il ne l'est généralement. Internet n'est pas l'apogée du virtuel. Il en est une représentation. Un modèle.
- Donc Internet représente une avancée ?
- Sans aucun conteste possible. Vu ainsi, comme une modélisation des systèmes virtuels, Internet constitue un outil précieux. Il permet de mieux saisir la nature du virtuel. En fait, si l'on est à même de se détacher d'Internet tout en ne refusant pas de l'utiliser... C'est à dire si l'on est à même de s'en détacher sur le plan affectif et de ne ressentir aucun phénomène de manque... Je veux dire: l'on est à même de ne pas l'utiliser pour tenter de combler le trou creusé par nos petites misères, on devient mieux à même de faire la synthèse du mensonge institutionnalisé qui se déroule sous nos regards à travers les médias papier, livres, télévision et Internet.
- Comment mieux prendre le contrôle d'Internet ?
- En prenant davantage le contrôle de soi-même. En se débarrassant des béquilles. Internet n'est pas une béquille. Il n'est pas là pour combler des besoins vitaux, y compris et surtout sur le plan culturel. Il est tout juste là pour combler nos besoins encyclopédiques... Sachant qu'une encyclopédie a toujours eu pour objet d'ouvrir sur un sujet et de donner l'envie et les moyens de l'approfondir ensuite par ses propres moyens.
- De fait, Internet ne permet pas d'aller loin sur un sujet ?
- Certainement pas. Hormis son utilisation restreinte, réservée à des personnes qui sont déjà des spécialistes, il est de plus en plus "net" qu'il ne permet aucunement d'approfondir un sujet, où de se former à fond. De plus, en dehors du canal encyclopédique, il permet de moins en moins bien de s'informer. Le nombre de sites qui ne sont pas à jour est effrayant. Cherchez, par exemple, la liste des distributeurs de croquettes de qualité, pour favoriser la santé et la croissance votre chaton ou de votre chiot, dans votre commune ou dans votre environnement... Vous risquez de vous casser le nez si vous allez aux adresses indiquées, car nombre de ces adresses ne distribuent plus ces produits depuis un certain temps déjà, au profit de nouvelles enseignes: les commerces bougent plus rapidement qu'Internet, et le problème de la mise à jour globale de ce média se pose. Vous me direz, autant aller directement les acheter chez le vétérinaire ! Vous n'aurez pas vraiment tort.
- A cette lumière, les "Nouvelles Technologies de l'Information", c'est du bidon ?
- Oui. Ce sera toujours à nous de savoir dans quelle direction nous voulons aller et dans quelle direction nous ne voulons pas aller. les "NTI" sont un outil supplémentaire au service de ceux qui savent déjà répondre à cette question par eux-mêmes.
- En d'autres termes, il faut être fort, seul face au collectif, pour être à même d'alimenter le collectif ?
- Oui. Dis ainsi, c'est d'ailleurs évident... Nous sommes la source de toute information, et son interprète aussi. Il y a des limites à ne pas franchir entre le collectif et l'individuel. Ce sont les limites de l'individuel. Et c'est la seule manière pour que le collectif vous reconnaisse en tant que individu qui existe. Dans ce cas, même la censure ou l'oubli ne peuvent vous empêcher d'exister.










