Skip to main content Help Control Panel

 

Communauté «   Blogs «   Fernandises «   Tenir son terrain «  

Glissements de terrain

Qu'entendra t-on, demain, lorsque l'on parlera de production, sur le réseau ?

... Voici donc, brut de décoffrage, quelques réflexions en date de ce 19 févier 2009. Elles portent évidement sur l'avenir du Web dans lequel s'inscrit (bien entendu), l'avenir de YACS, parmi d'autres (bien entendu)...

Le fait est que j'ai échangé récemment quelques mots de vive voix avec l'un des soutiens, des piliers, de YACS. Nous avons pris le pli, et, de temps à autre nous faisons le point ensemble. Je me rapproche de son expertise, de sa précision, et lui en retour, se rapproche peut-être de ce qui semble bien me caractériser: une vue globale, assez remarquablement éloignée des contingences du PHP.

J'ai compris que nous étions du même avis sur une chose: le Web de demain, je veux dire de demain matin, n'aura pas grand-chose à voir avec le tableau qui nous est offert aujourd'hui... Si ce n'est qu'il illustrera bien le fossé entre ceux qui possèdent une culture, leur permettant d'interpréter les enjeux, et ceux qui accèdent quotidiennement au Web, comme des consommateurs... Ceux qui sont formatés.

Nous-autres disposons, pour nous défendre en partie de ce rouleau compresseur de formatage, du modèle économique de l'Open Source. Je ne sais si cela nous protège véritablement du fait de glisser dans la soupière avec ceux qui subissent les changements de l'époque sans les comprendre. Mais, au moins, c'est un premier garde fou. Car le modèle économique de l'Open Source... il faut quand-même se poser la question de savoir à qui il va profiter dans l'immédiat. Et la réponse est... que ça n'est pas à vous, pas à moi non plus. C'est aux grands comptes (appelons-les pudiquement comme ça).
Ce sont les grands comptes qui attrapent le train en marche. Ce sont eux qui investissent dans des "Framework" pérennes, parce qu'ils savent qu'ils vont réaliser des économies notoires en matière de coûts de développement, de ré-écriture, de mises à jour, de tests... Vous savez bien, ne soyons pas trop ingénus, qu'un tout petit changement lors d'une mise à jour dans le coeur d'un logiciel tel que YACS, nécessite des tests à n'en plus finir car un tel minuscule changement peut s'avérer source de bugs en des lieux inattendus. D'où les versions stables, dont on peut garantir qu'elle restent pérennes pour quelques mois, au moins.

Vous savez bien, ne nous voilons pas la face, qu'il faudrait disposer d'une machine dédiée au développement, d'une autre dédiée aux tests, ainsi que d'une autre dédiée du passage de ce développement, une fois testé, à la production proprement dite. Vous savez bien que nous n'en avons pas véritablement les moyens. Pas à notre niveau. Malgré les efforts de chacun, la solidité et la complémentarité d'une équipe, les méthodes de travail collaboratif cohérentes initiées par Bernard, vous savez bien quelque part au fond de vous-mêmes qu'il faudrait que l'équipe soit encore plus homogène, et surtout qu'elle soit renforcée par des développeurs supplémentaires.

Cette réflexion n'est pas triste. D'ailleurs elle est trop imparfaite à ce niveau pour être qualifiée d'autre chose que de "assez vague". Il ne s'agit que d'un petit caillou qui est lancé pour rebondir sur la mare, pas d'un pavé.
Il ne s'agit que de quelques mots qui sont jetés presque par distraction. Parce que cette réflexion-là n'est qu'une passerelle vers une autre réflexion qui m'est inspirée par le mot production.

Nous avons parlé ci-dessus de production en tant que objectif final pour satisfaire un client (y compris soi-même). Cependant la question de la production devrait se poser autrement devant les nuages noirs de la crise qui s'amoncellent.
Dans ce un tel cadre, j'ai envie de dire devant un tel drame... c'est le modèle économique tout entier qui est en train de changer. Et, je dirais même plus (comme les Dupont), c'est la nature même de la notion de production qui est en question y compris dans la sitoshère.

Car, que nous importe le modèle Open Source, qui n'est qu'une pièce minuscule, même si elle reste indispensable et parfaitement significative, d'un immense puzzle.. Un puzzle qui concerne le modèle économique tout entier. Ce dernier craque parce qu'il est en train de changer et il produit au passage des faillites et bouleversements assimilables à des failles résultant de secousses sismiques.

Il ne s'agit pas pour autant de se contenter de jouer les oiseaux de mauvaise augure annonciateurs de tsunamis. Ce serait une bêtise comparable à ces raisonnements que l'on nous rabâche comme une religion nouvelle, à propos des origines du changement climatique, annoncés mais pas avérés...

Non, la question n'est pas de dire que c'est mal tout cela. La question est plutôt de partir de la pièce minuscule d'intelligence, la pièce que nous tenons entre nos mains à propos des formes nouvelles d'économie induites par les nouvelles technologies pour reconstituer tout ou partie du puzzle.
La question, pour nous, consiste à jouer au jeu de la vie. Et, puisqu'il s'agit de reconstituer un puzzle intéressant au premier chef, envisageons le fait que cette nouvelle économie ne va pas sans une véritable révolution industrielle. C'est cela qui est en train de se produire: une révolution des moyens de production.

C'est la raison pour laquelle il y a à considérer, aussi dans le domaine du Web, la différence d'échelle entre un site "en production" et le fait que le Web deviendra, par la force des choses (et Dieu seul sait si elle est grande cette force-là...), vraiment orienté objet (pour ainsi dire), orienté bel et bien comme un outil de production industrielle. Oui, c'est possible ! Le contraire me paraît même impossible.

Que pèsera la production de sites là-dedans à l'avenir ? Vraiment pas grand-chose. C'est, dans tous les cas, l'idée que j'en ai.

Je n'ai pas l'habitude, encore moins aujourd'hui, de perdre ce qu'on appelle du temps, à préparer mes interventions... J'écris, je publie, Voilà !

Car voici la proposition d'une réflexion à mener plus importante que les coquilles que je pourrais laisser dans ma prose: Qu'entendra t-on, demain, lorsqu'on parlera, concernant le réseau, de production ?